La FIFA a désigné 23 villes pour accueillir la Coupe du Monde 2026, qui se tiendra pour la première fois sur trois pays: États-Unis (12 villes), Canada (5) et Mexique (3). L’expansion à 48 équipes explique le bond de 12 à 23 sites et près de 3,5 millions de billets disponibles.
La FIFA a confirmé le 13 mai 2024 les vingt‑trois villes qui accueilleront la Coupe du monde 2026, réparties entre les États‑Unis, le Canada et le Mexique. C’est la première fois qu’un Mondial se joue sur trois nations et que le nombre de sites passe de douze à vingt‑trois, en raison de l’expansion du tournoi à quarante‑huit équipes.
Villes hôtes et répartition géographique
| Pays | Villes hôtes |
|---|---|
| États‑Unis | Atlanta, Boston, Dallas, Denver, Houston, Kansas City, Los Angeles, Miami, New York / New Jersey, Philadelphie, San Francisco / San Jose, Seattle |
| Canada | Toronto, Vancouver, Montréal, Edmonton, Calgary |
| Mexique | Mexico City, Monterrey, Guadalajara |
Les sites couvrent l’ensemble du continent nord‑américain : le Nord‑Est américain, le Sud‑Ouest, le Midwest, la côte Ouest, le centre du Canada et les principales métropoles mexicaines. Chaque stade a déjà une capacité d’au moins quarante mille places ; certains recevront des travaux de modernisation pour répondre aux exigences techniques de la FIFA, notamment en matière de revêtements de pelouse, de systèmes de diffusion et d’accessibilité.

Critères de sélection des sites
La FIFA a appliqué plusieurs critères précis. La capacité d’accueil reste le critère principal, mais la qualité des transports publics, la disponibilité d’hôtels de gamme variée et la capacité à générer des revenus télévisés ont pesé lourdement. Les villes américaines possèdent déjà des stades adaptés, comme le MetLife Stadium (New York / New Jersey) et le SoFi Stadium (Los Angeles). Au Canada, le Rogers Centre de Toronto et le Stade Olympique de Montréal ont reçu des engagements de rénovation pour améliorer la visibilité et la sécurité. Au Mexique, l’Estadio Azteca de Mexico City, avec plus de quatre‑vingt‑sept mille places, garantit un taux de remplissage élevé dès les phases de groupe. Un angle moins évident réside dans la volonté de répartir les bénéfices économiques : en incluant des villes de taille moyenne comme Kansas City, Edmonton ou Monterrey, la FIFA cherche à stimuler le tourisme en dehors des mégapoles habituelles et à répondre aux critiques selon lesquelles les Coupes du monde profitent surtout aux capitales déjà riches.
Comparaison avec les éditions précédentes
En 2022, le Qatar a concentré le tournoi sur huit stades situés dans une zone géographique restreinte, ce qui a limité les déplacements des équipes et des supporters mais a accentué la pression sur les infrastructures locales. En 2018, la Russie a exploité douze sites, dont plusieurs dans des villes éloignées de Moscou, ce qui a introduit des trajets plus longs sans multiplier autant le nombre de spectateurs. Le passage à vingt‑trois sites pour 2026 représente une hausse de près de quatre‑vingt‑dix pour cent du nombre de villes par rapport à 2018. Cette expansion multiplie les places disponibles, passant d’environ un million deux cent mille en 2022 à près de trois millions et demi en 2026, reflétant le passage à quarante‑huit équipes. Le gain de capacité crée de nouvelles opportunités de vente de billets et de visibilité locale, mais il introduit également des défis logistiques majeurs, notamment la coordination des visas entre trois pays et la synchronisation des horaires de diffusion pour les marchés mondiaux.
Passer à 23 sites représente une hausse de 90 % du nombre de villes par rapport à 2018
La répartition vise à stimuler le tourisme hors des mégapoles habituelles
La coordination visas et calendriers servira de test pour d’autres événements transfrontaliers
Conséquences pour les supporters et défis logistiques
La diversité des sites signifie que le coût moyen d’un voyage pourrait diminuer, car il sera possible de combiner plusieurs matchs dans une même région sans parcourir de longues distances. Les supporters pourront, par exemple, assister à trois rencontres dans le Nord‑Est américain avant de traverser la frontière canadienne pour deux matchs à Toronto, puis de rejoindre le Sud‑Ouest mexicain pour la phase à élimination directe. Cependant, le besoin de traverser deux frontières internationales (États‑Unis‑Canada, États‑Unis‑Mexique) implique que les organisateurs devront simplifier les procédures de visa et de douane. La FIFA a annoncé la mise en place d’un système de visas à entrées multiples valable pour les trois pays, mais la mise en œuvre dépendra de la coopération des autorités migratoires. En outre, les horaires de diffusion devront tenir compte des fuseaux horaires variés, ce qui pourrait obliger certaines équipes à jouer à des heures inhabituelles pour les téléspectateurs européens et asiatiques.
Implications économiques et politiques
Les villes hôtes attendent un afflux de touristes, de dépenses liées à l’hébergement, à la restauration et aux transports. Les études pré‑touristiques indiquent que les villes de taille moyenne, souvent négligées dans les grands événements sportifs, pourraient voir leurs recettes touristiques augmenter de dix à quinze pour cent pendant la période du tournoi. Cette dynamique pourrait inciter d’autres fédérations à envisager des modèles multi‑nationaux pour répartir les coûts et les bénéfices. Sur le plan politique, le partenariat Nord‑Américain renforce les liens commerciaux existants entre les États‑Unis, le Canada et le Mexique, notamment dans le cadre de l’Accord États‑Unis‑Mexique‑Canada (AEUMC). La réussite de la coordination logistique pourrait servir de modèle pour d’autres projets transfrontaliers, comme les Jeux Olympiques ou les championnats du monde de rugby.
- Le tournoi passe de 12 à 23 sites, multipliant les places disponibles par trois
- Des villes moyennes comme Kansas City ou Edmonton visent un gain touristique de 10 à 15 %
- Un visa multi-entrées devrait simplifier les déplacements entre les trois pays
- Les diffuseurs devront jongler avec plusieurs fuseaux horaires pour les matchs
- Des retards de rénovation dans les stades canadiens et mexicains restent possibles

Ce que l’on doit surveiller
Dans les mois à venir, plusieurs points méritent une attention particulière. Premièrement, la progression des travaux de modernisation dans les stades canadiens et mexicains ; des retards pourraient obliger la FIFA à reconsidérer certains sites. Deuxièmement, la mise en place du dispositif de visas à entrées multiples ; des obstacles administratifs pourraient décourager une partie des supporters internationaux. Troisièmement, la programmation des matchs : la FIFA devra équilibrer les exigences des diffuseurs mondiaux avec les contraintes de déplacement des équipes, afin d’éviter des horaires qui pénalisent les joueurs ou les spectateurs. Enfin, la réaction des communautés locales ; si les bénéfices économiques ne se traduisent pas en investissements durables, la critique publique pourrait remettre en question le modèle à trois nations pour les futures éditions. Surveiller ces évolutions aidera à comprendre si l’expansion à quarante‑huit équipes et la répartition sur vingt‑trois villes constituent une réussite durable ou un défi trop ambitieux.
